Confirmation
Photo: Petter Foss /MFA NorwayConfirmation. Photo: Petter Foss /MFA Norway

Eglise de Norvège

27/09/2009 //

L’Eglise de Norvège est une Eglise d’Etat protestante, à la tête de laquelle se trouvent le Roi, ainsi que le Storting, en tant que corps législatif suprême. La famille royale a l'obligation de pratiquer la religion chrétienne selon la confession évangélique luthérienne.

D'un point de vue pratique, ce sont le Roi et le Conseil des ministres qui assument la direction générale de l'Eglise. Le Ministère des Affaires Culturelles et Ecclésiastiques en a la responsabilité administrative, tandis que le Storting (l’Assemblée nationale norvégienne) est chargé d’adopter les lois et budgets en relation avec son fonctionnement. Les évêques et chanoines sont nommés par le Gouvernement. L’instance ecclésiastique située au plus haut de la hiérarchie est le Synode général.
 
La Norvège était de confession catholique romaine jusqu’à la Réforme. Le protestantisme fut adopté par décret royal en 1537, date qui correspond à la fondation de l’Eglise de Norvège. Au cours du XVIIIième siècle, l’Eglise fut influencée par le piétisme, un courant venu d’Allemagne, que l’on peut définir comme un mouvement luthérien de revitalisation religieuse, axé sur l’individu et mettant l’accent sur le rapport entre la foi et les actes. Les Piétistes oeuvrèrent activement pour intégrer la foi et la morale chrétiennes à la vie de chacun, par exemple en instituant la cérémonie de la confirmation (1736) et l’école primaire pour tous (1739). Pendant la même période, ils montrèrent beaucoup d‘intérêt pour l’activité missionnaire, dirigée notamment vers le Groenland et les régions à population lapone du Nord de la Norvège.

L’orthodoxie luthérienne a régné sans partage en Norvège à partir du début du XVIIième siècle, et pendant longtemps, aucune autre religion que celle pratiquée au sein de l’Eglise de Norvège n’a été autorisée. Mais au cours du XIXième siècle, un vent de renaissance religieuse balaya le pays, incarné par des prêcheurs laïcs, des évangélistes sans appartenance cléricale, qui entreprirent d’enseigner la Bible sans l’approbation de l’Eglise officielle. L’interdiction qui pesait sur ces prêches fut abolie en 1842. Ce courant de renaissance évangélique permit aux Piétistes d’ancrer leur mouvement plus fortement encore. Ils ne se firent pas faute de protester contre l’engagement religieux à leur sens trop tiède des pasteurs. L’Eglise de Norvège, contrairement à celle de Danemark et de Suède, se trouva donc, durant cette période, étroitement confrontée à la pensée piétiste et à un puissant courant de prédication laïque.

Les idéaux de ce mouvement et leur interprétation conservatrice du christianisme influencèrent progressivement le clergé norvégien. Au XXième siècle, les cercles religieux ont été le théâtre de tensions entre un camp libéral et un camp conservateur, se traduisant notamment par des opinions divergentes au sujet de la recherche biblique. Toutefois, depuis 1980, une plus grande diversité de perspectives est apparue dans le domaine des idées théologiques et de la conception du rôle de l’Eglise.

La légalisation des prédications laïques a également ouvert la voie à une grande diversité d'églises chrétiennes indépendantes. Celle qui recueille le plus d’audience est le Mouvement pentecôtiste, mais elle côtoie d’autres communautés importantes, telles que l’Eglise évangélique luthérienne libre de Norvège et l’Union baptiste norvégienne. Le catholicisme, qui a de nouveau droit de cité en Norvège depuis les années 1850, est désormais une communauté vivace, qui compte un nombre croissant de fidèles.


Source: Extrait de l’Encyclopédie Norvégienne publiée aux éditions Aschehoug et Gyldendal   |   Partager sur le réseau   |   print