Bibliotheca Alexandrina

05/09/2009 //

On sait que la grande bibliothèque d’Alexandrie recelait la plus importante collection d’écrits qui eût jamais été réunie dans l’Antiquité. Lors de sa destruction, au cinquième siècle après J.C., un immense trésor de savoir se trouva à jamais perdu.

C’est en 1989 que l’Etat égyptien lança un concours d’architecture en vue de la construction d'une nouvelle grande bibliothèque dans ce lieu mythique. Quelques 650 équipes d’architectes présentèrent des projets. La surprise fut grande lorsque le prix fut décerné à la société Snøhetta – une petite firme norvégienne qui n’avait encore jamais remporté de concours, et construit que fort peu de bâtiments de grande envergure. La nouvelle bibliothèque, baptisée Bibliotheca Alexandrina, a ouvert ses portes en 2002. On s’accorde largement à la considérer comme l’une des oeuvres architecturales majeures des dernières décennies.

La bibliothèque allie la splendeur à la simplicité. Pour l’essentiel, le bâtiment se présente sous la forme d’un cylindre vertical, coupé en diagonale, dont la pureté géométrique n’est pas sans rappeler à de nombreux égards les grands édifices de l'Egypte antique. Un pont piéton permettant d'accéder à la bibliothèque côté Sud apparaît comme une ligne droite transperçant la forme cylindrique du bâtiment. Ce pont traverse une rue à grande circulation avant d’atteindre le deuxième étage de la bibliothèque et de mener jusqu’à une place publique donnant sur la mer, du côté Nord du bâtiment.

A l'Ouest du pont, le cylindre est entaillé sur la quasi-totalité de son diamètre, le vide ainsi créé constituant l’entrée principale de la bibliothèque. Cette entrée fait face aux portes d’un hall de conférence assez ancien, auprès duquel la bibliothèque semble empreinte de déférence. Entre les deux bâtiments s’étend une place pavée. A demi enfoncée sous ce parvis, une vaste forme sphérique abrite un planétarium.

Une tranche oblique est séparée du corps du bâtiment cylindrique. La forme obtenue devrait normalement présenter une surface en ellipse, mais les architectes sont partis d’un cylindre ellipsoïdal incliné par rapport à la verticale, de façon à ce que la surface du rez-de-chaussée et celle du toit, lui-même incliné, forment des cercles parfaits. Les murs de la bibliothèque penchent tous vers le Nord et la mer, tout comme la pente du toit. Un cylindre est en soi une forme statique - les irrégularités intentionnelles de la forme du bâtiment lui impriment un mouvement, impression encore renforcée par la portée verticale du bâtiment de 10 étages, qui s’étend d’un niveau de 10 m au-dessous du sol jusqu'à une hauteur de 32 m.

Côté Sud, le mur est revêtu de plaques de granit que l’on a obtenues en fendant d'énormes blocs – et non en les sciant. Leur surface est inégale et leurs contours sans aspérités. Sur ces plaques sont inscrits des signes alphabétiques du monde entier. La course du soleil et les reflets des éclairages électriques dans un bassin adjacent produisent un jeu dynamique d’ombres et de lumières sur les symboles gravés, évoquant ainsi les murs des temples égyptiens. Le vaste hall central de la bibliothèque – un demi-cercle d’un diamètre de 160 m – est un espace qui produit une impression puissante. Le mur incurvé est constitué d’éléments en béton assemblés par des joints verticaux, tandis que le mur droit est revêtu de pierre noire polie provenant du Zimbabwe. Le sol se divise en sept niveaux disposés en terrasses descendant vers le Nord, en direction de la Méditerranée. 


Source: Texte rédigé par le Musée Norvégien de l’Architecture         |   Partager sur le réseau   |   print